jeudi 14 septembre 2023

Les Différents Niveaux (Juifs) d'Oppenheimer

Attention Spoilers, allez voir le film si ce n'est déjà fait


La vie juive religieuse est régie par de nombreuses règles.

L’une de ces règles stipule que l'on ne doit pas se lancer dans la pratique mystique de la Kabbale avant d’avoir passé au moins 10 ans à étudier – et à pratiquer – les lois, textes et commandements fondamentaux. Cette garantie empêche quiconque de toucher à la structure du monde sans en comprendre correctement les conséquences.

J’ai toujours aimé cette règle car non seulement elle confirme que les arts mystiques sont reconnus comme réels, mais c’est aussi la preuve que leur utilisation n’est pas considérée comme une hérésie. Certaines histoires parlent de ce rabbin qui savait combien de temps durait la période de gestation d’un animal spécifique sans jamais avoir quitté son bureau de toute sa vie. Juste en ayant étudié les bases cachées de la Torah. Comment un autre savait qu'en disant bonjour et en souriant à tous ceux qu'il rencontrait le matin, il pouvait influer sur l'essence du monde. Et nous connaissons tous l'histoire du Golem.

La magie n'étant qu'une science encore incomprise, Oppenheimer -le film- pourrait être l'histoire de ce juif qui, bien qu'obsédé par la vision d'un monde caché, n'a pas mis en pratique les lois fondamentales de la torah avant de plonger dans la magie et de matérialiser son pouvoir destructeur.



À bien des égards, le 12e film de Christopher Nolan pourrait être considéré comme son opus magnum.

On pourrait affirmer que tout ce qu’il a fait jusqu’à présent n’était qu’une série de tests destinés à raconter cette histoire. Des thèmes à la manière de la présenter. Interstellar était une thèse massive sur la gravité, l'amour et les trous noirs. Inception traitait de l'impact des rêves et des obsessions affectant le monde réel. Dunkerque lui a permis d'aborder les événements historiques avec le sérieux qu'ils méritent. Même la trilogie Dark Knight avait un engin nucléaire au cœur de son climax tout en présentant en même temps aux citoyens et aux prisonniers de Gotham un dilemme débilitant semblable à celui de la guerre froide : par peur du pouvoir de l'autre groupe sur vous, cèderiez-vous à la panique en faisant exploser l'autre navire ou accorderiez-vous plus de valeur à votre moralité en tant que membres de la race humaine ?

Et ce n'est que lorsque les étoiles furent alignées sur le tournage de Tenet (un film mentionnant Oppenheimer dans le texte) que Robert Pattinson lui a présenté la biographie du scientifique, biographie qu'il ne lâcha plus avant que l'adaptation s'en retrouve sur grand écran.


Un des éléments les plus marquant pour le spectateur qui fait l'experience d'Oppenheimer (et c’est une expérience) est la manière dont le récit est présenté. Dans Memento, Christopher alterne séquences en noir et blanc et séquences colorées en présentant deux points de vue différents. Les séquences en couleurs sont le point de vue subjectif du protagoniste principal. Leonard ne peut pas créer de nouveaux souvenirs et voit le monde tel qu'il le ressent. Il est animé par l’émotion. Il veut se venger, guidé par l'amour qu'il a perdu. Les souvenirs chéris emmagasinés avant de ne pouvoir en créer de nouveaux. Avant que la RAM ne devienne ROM.

Chez Oppenheimer, les séquences de couleurs montrent ce que Robert J. vit et ressent. Les teintes viennent avec l'assomption que son monde est vibrant, vivant, capable de changement et d'émotion. Capable de création et d'action dans le monde physique (ce qui est, comme l'explique la Kabbale, la raison de notre présence ici bas. Les morts ne peuvent pas interagir avec celui-ci, la mort scellant toutes les actions et tout jugement jusqu'à une éventuelle réincarnation). Oppie est nostalgique du désert américain alors qu’il étudie en Europe et aime tellement qu’il est considéré comme un coureur de jupons ayant des aventures à gauche et à droite. Pourtant, il tiens à tenir la main de celle qu'il aime et à lui apporter des fleurs, même lorsqu'on l'intime à plusieurs reprises d'arrêter. Une sensibilité qui, une fois ramenée à la surface, imposera sur son être toute l'écrasant fardeau des responsabilités morales que ses actes futurs entraîneront.




Opposées de ces séquences, les parties en noir et blanc représentent les vues de l’amiral Lewis Strauss, un self made man (à l'image du père de Robert O.). Lewis est attaché au travail et aux traditions - il préside au siège d'une synagogue à New York -. Dans Memento, les séquences à monochromes offrent une vision moins émotionnelle et plus objective des événements. Alors que l'on colle toujours à Leonard dans les plans en couleurs, les parties en noir et blanc proposent une représentation plus globale de l’action comme l’illustre le moment où Leonard entre dans la réception de l’hôtel. Là, la caméra se dirige vers le réceptionniste et reste collée au bureau lorsque Leonard quitte les lieux, le POV de la séquence colorée du même événement l'accompagnant à l'extérieur. Dans Oppenheimer, les opinions de l'amiral Strauss sont binaires (pour ou contre lui, le bien ou le mal, les puissances politiques vivent dans des mondes de lumière ou d'ombre) mais il est aussi le mètre étalon (oserais-je dire l'archétype ?) des gens « vivant » dans un monde d'ombre ou de lumière, monde dans lequel Oppenheimer n'a pas sa place. Un monde né des conséquences des actions du scientifique et de son équipe, un monde incapable de faire naître la magie sans son aide et incapable de changer et d'échapper aux conséquences gravées dans la pierre de ladite magie (encore une fois, "les morts", c'est à dire les non-créateurs, ne peuvent pas changer le monde physique, ils vivent en noir et blanc). La seule chose à faire est d’essayer de le punir, se sentant exclus de son précieux entourage. Lewis Strauss s'efforce de le faire taire pour se venger. Le président Harry Truman, frustré par le manque d'intérêt d'Oppie pour un monde régit par la raison du plus fort, le chasse, lui et ses idées, du bureau Ovale. Leurs efforts sont récompensés à court terme mais l'héritage d'Oppenheimer perdure. Les puissants ont appuyé sur le bouton et vivent désormais dans la peur et l’effroi, rejetés dans un monde incolore. Ils sont exclus de leurs aspirations finales alors que la morale, les idées et les conséquences d'Oppenheimer traversent toutes les barrières physiques. Telles des particules et des ondes. Vous allez vous en sortir. Mais pas vraiment.



Tout aussi frappante est l'opposition de ces mondes en image à deux courants proéminents du judaïsme.

D.ieu a donné la Torah aux fils et filles d'Israël, substitué à son nom initial (Jacob) après que celui-ci ait vaincu l'éternel, ou en tous cas ne soit pas vaincu par lui. Le judaïsme est la combinaison de deux mondes.Le premier, écrit, l'autre, parlé. L'un, absolu (gravé dans la pierre et descendu du Sinaï), un autre - adaptable au temps et aux hommes - possédant une légère marge de manœuvre. Vivant, respirant, baisant avec une communiste plus jungienne que freudienne. Le choc culturel générationnel dans les familles juives est toujours le même. Certains membres sont traditionnels, d'autres mystiques.


Qu'ils soient religieux ou non, les traditionnels appliquent les règles telles qu'ils les ont apprises avec un sentiment d'appartenance à un groupe, une tribu. Ils sont fiers de leur héritage à juste titre. Les chants de leurs pères entendus à la synagogue. Les recettes de leur mère. Les traditions liées aux fêtes. Les jeûnes. Les livres. Les couleurs, les bibelots et les tricots aux motifs d'autrefois. Les enfants doivent transmettre le nom de famille et l’héritage culturel. Certains d’entre eux ne sont même pas sûrs qu’un Dieu existe. La vie après la mort est pur fantasme. Ce que le livre raconte est moins important que ce qu’il représente. L'appartenance.




Les mystiques, pour leur part, sont leurs opposés absolus. Ils ne se soucient pas de la tradition. Ils s'ennuient pendant les services religieux. Ils valorisent la morale plutôt que l'héritage culturel, l’amour plutôt que les règles strictes. Le mysticisme sur les stratégies relationnelles. Son amante Jean, au moment où Oppie prévoit son marriage avec sa future femme, le prévient : s'il ne compte que sur son génie pour réussir, son mépris des sentiments d'autrui finira par le se retourner contre lui et le mordre jusqu'au sang. En effet, l'homme qui a renoncé à la tradition (le J. dans Robert J. est pour Julius, prénom de son père, chose qui d'après son professeur à Cambridge ne signifie pourtant « rien, apparemment ») est hanté par les visions obsessionnelles d'un monde qu'il ne peut pas toucher mais veut comprendre, étudier, saisir et sinon contrôler, du moins apprivoiser dans une certaine mesure. Ainsi, Oppenheimer espère imposer ce pouvoir à une puissance maléfique pour sauver des vies, malgré les avertissements de son ami Isidor Rabi, conscient que ce pouvoir tombera sur « les justes et les injustes ». Et même s'il est  celui qui trouve et soulève la pierre pour découvrir le serpent qui s'y cache, il ne sera pas maitre de ce pouvoir et n’aura donc contrôle sur la façon dont il est utilisé. Par des gens qui respectent les règles. Et qui n’ont pas de manuel pour celui-ci.


Le monde désormais contaminé, la seule façon de survivre étant désormais de patauger dans le venin, alternant doses curatives ou fatales (c'est-à-dire agressives et encore plus agressives), il ne reste que tragédie, peur, anxiété et regrets. Pas étonnant que Christopher Nolan ait inséré des plans du prétendu suicide de la bien aimée d’Oppenheimer dans le montage du climax, poussant Robert à admette que la bombe H ne devrait jamais exister. Il a connu le chagrin et la détresse à la mort de Jean Tatlock et de fait, une culpabilité tout aussi terrible pour chacune des 220 000 victimes des bombes Atomiques nées de Trinity.



La dernière fois que je suis allé en Israël, j’ai parlé à plusieurs personnes de ce qui se passe là-bas actuellement . Certains défendent farouchement le pouvoir en place. Se battent pour la sécurité et les règles, au mépris possible (et probable) des libertés fondamentales telles que l’indépendance des tribunaux. Aussi souvent utilisée à mauvais escient qu'elle soit, la citation de Benjamin Franklin « Ceux qui renonceraient à la liberté essentielle pour s'offrir un peu de sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité » semble toujours plus pertinente aux yeux de leurs adversaires, prônant la paix, la liberté et un changement de régime. Bien qu’il semble que les parties en conflit soient là pour rester et bien décidées à se battre jusqu’à ce que l’autre soit mort et enterré, un de mes oncles perçoit pour sa part la situation comme une lutte nécessaire. Un cri fort et douloureux du peuple qui, comme dans toute naissance douloureuse, conduira à une société plus évoluée et plus juste.


Espérons que le monde, si nous le détruisons pas avant, arrive à ce status quo, même si cela prendra probablement quelques décennies /siècles. Les Oppenheimer et les Strauss du monde auront besoin de se parler et de se comprendre à un moment donné, car le manque de communication enter eux entraînera la perte des deux. L'un pétri par l'anxiété et de la peur morale de mal agir et l'autre accrochée par instinct (et par peur sans doute, du changement, de l'inconnu, de la parte de control) à un ego survivaliste. Si les choses se gâtent, le désespoir de l’un entraînera la destruction des deux. Et la notre dans la foulée.




Final Notes ::


Il y a encore tellement de choses à dire sur le film, sur le format, les autres thèmes et Parti-Pris...

Je ne pouvais pas terminer sans mentionner les performances des acteurs - transformant les dialogues en véritable mélodie et magnifiant la personnification des personnages -, le montage dynamique de Jennifer Lame, la cinématographie époustouflante de Hoyte van Hoytema et la musique tout aussi fascinante de Ludwig Göransson, faisant de chacun de mes 11 visionnages un concerto 4D sous hypnose. J'en reparlerais probablement plus tard.


(Co-)auteur/scénariste de Taxi Driver, Rolling Thunder, Mishima et Bringing out the Dead, Paul Schrader a qualifié Oppenheimer de « meilleur et plus important film de ce siècle ».

À date (14 septembre 2023), Oppenheimer est actuellement le second film classé R le plus rentable de tous les temps et se pose à la 41e place dans le prestigieux top des 250 films les mieux notés sur IMDB.

Il y rejoint la plupart des films de Christopher Nolan (Interstellar (#24), The Dark Knight Rises (#69) Inception (#14) The Dark Knight (#3) The Prestige (#43) Batman Begins (#129) et Memento (#29)).

Ne manquent dans ce top que son premier film Following, Tenet (qui me tient énormément à cœur et ça me suffit) et son épopée consacrée à la seconde guerre mondiale Dunkerque. Dunkerque étant le plus rentable sur le sujet et ayant valu, en plus de ses 61 récompenses, une médaille de Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique ( CBE ) à son réalisateur, c'est un plutôt bon palmarès.


Toues les films précédents de Christopher Nolan sont désormais disponibles en 4k à l'exception de Following et Memento, tous deux ressortant actuellement dans une nouvelle édition Blu-ray chez 101 Films. Si vous êtes en France, je conseille de les acheter ou de vous renseigner auprès du magasin Metaluna Store, un passage presque obligé pour tout ce qui est import collector.


Pour finir, et si vous comprenez l'anglais, je ne serai que trop vous conseiller de jeter une oreille sur le podcast Every Movie Ever Podcast (Apple or Spotify) puisqu'ils veinent d'acheter une série passant en revu chacun des films du réalisateur (mais le reste des épisodes est épique également).
J'ai enfin partagé une partie de mon récent voyage à Londres sur mon Instagram perso, voyage dont le but principal était de vois Oppenheimer en IMAX 70MM, vu que nous n'avons pas eu la chance d'avoir une des 30 copies de ce film dans ce format spécifique. Et honnêtement, ça valait carrément le déplacement. 



OPPENHEIMER (2023) - Une production Syncopy / Atlas Entertainment / Gadget Films / Présenté par Universal 

Réalisateur :: Christopher Nolan

Scenaristes :: Christopher Nolan, Kai Bird (roman), Martin Sherwin (roman)

Distribution ::  Cillian Murphy, Emily Blunt, Robert Downey Jr., Florence Pugh, Alden Ehrenreich, Jason Clarke, Tom Conti, David Krumholtz, Josh Harnett and Josh Zuckerman amongst other equally talented actors.
Musique :: Ludwig Göransson

Prises de vue :: Hoyte Van Hoytema

Montage :: Jennifer Lame

Production design :: Ruth De Jong

Casting :: John Papsidera


Le reste est sur IMDB et dans le générique de fin

jeudi 3 septembre 2020

Le film le plus désespéré de Christopher Nolan

 #Tenet

Spoilers, évidemment.



J'ai déjà vu ce film 3 fois pour l'instant (Edit :: sur 7 au final sur grand écran, dont 4 en IMAX) et je commence à comprendre et dépasser mon incompréhension vis à vis de mon profond ressenti par rapport à ce film. Un ressenti que je n'arrivais pas à intellectualiser au premier abord.


Ce n’est pas un secret, il y a toujours un élément tragique dans les films de Christopher Nolan.

Quelqu'un perd une femme, un frère, une vie. Un monde, même. Mais il y a toujours de la lumière au bout du tunnel. Toujours la perspective de quelque chose pour lequel se battre. Un bonheur, quelque chose à espérer, un nouveau monde, un amour, un avenir. Si ce n’est pour le protagoniste principal, pour le monde. Même dans Memento, il y a toujours un lendemain.


Tenet est l'histoire de personnages dont la vie est verrouillée dans le temps. 

Ce qui s'est arrivé est arrivé. Dans l'absolu, c'est par principe vrai pour tout le monde. on regarde en arrière, les accomplissements, les succès, les erreurs, tout ce qui s'est perdu. C'est passé. Pas de marche arrière, nous sommes la somme de tout cela. Il est impossible d'être quelqu'un d'autre ici et maintenant. Seulement, peut-être, nous pourrions être quelqu'un d'autre, plus tard en arrivant à affronter la fatalité et la changer. Dans une seconde, une heure.


Mais pour les personnages de Tenet, dès que l'organisation éponyme apparaît dans leur vie, ils sont progressivement tenus de suivre sciemment un chemin spécifique prédéterminé. Parce que s’ils ne le font pas, ils ne le feront pas. Jamais. C'est la fin. Et personne ne fera rien non plus. Ce qui se passe dans leur passé est directement influencé par ce qu’ils feront dans le futur. Pas de fuite. Pas le choix. Pas de liberté. Peut-être l'illusion du libre arbitre. Mais pas vraiment si on y pense. Les mensonges et les secrets sont des procédures opérationnelles basées sur le besoin de savoir. Et vous n'en avez pas besoin.



Heureusement pour le protagoniste, ce qu’il fait est sa raison d’être avant que cela ne lui soit imposé. Avant de se rendre compte peu à peu qu'il doit suivre son destin, il choisit de défendre le peuple. C'est sa conviction. Sa morale dépasse le devoir d'agent de quelque organisation dont il fait partie. Il décide sciemment de sauver les spectateurs dans l'Opéra, de mettre fin à ses jours avec une pilule pour protéger les autres. Donner sa vie est un choix qu’il fait volontairement avant qu’il ne lui soit imposé sans possibilité d’évasion.

On parle d’un multivers. Peut-être que détruire le passé n’affectera pas l’avenir. Peut-être que le paradoxe du grand-père crée un monde parallèle alors que le passé dont il est issu est détruit. Mais à maintes reprises, par l'Action, le film prouve que ce n’est pas le cas. Les personnage doivent leur survie aux actes opérés par eux-même à l'aéroport. Il le savent parce qu'ils s'y sont déjà croisés. Le morceau d'Algorithme est caché dans une voiture conduite par le protagoniste tel qu'il s'y voit déjà, et le passé n'aurait pas été possible sans un futur revenant simultanément à sa rencontre. Andrei disparaît avant que sa femme ne monte à bord du bateau avec leur fils, car elle en est l'instigatrice plus tard. Les choses arrivent car elles ont déjà eu lieu.

La tragédie c'est qu'encore une fois, les personnages sont progressivement amenés à cette prise de conscience sans possibilité d'échappatoire. Et voir ce qui se passerait dans les heures, les jours et les années suivant les événements du film serait un lent glissement vers une folie planétaire. Ce qui est arrivé étant déjà arrivé, Neil connaîtra toujours le même destin. Il est assez fou pour le faire avec le sourire, éduqué par un homme qui connait déjà le passé. il est le Kyle Reese de Christopher Nolan. A cela près que Kyle Reese ignore son destin. Il pense que ses actions lui apporteront l'amour et que son sacrifice pourrait sauver la race humaine.



Parce que ce qui s’est passé s’est déjà produit, le monde connaîtra toujours sa propre destruction, si étouffante que les esprits fous des scientifiques à venir les plus brillants ne verront comme seule façon de se sauver que d'imaginer détruire le passé. Sans savoir si cela va les détruire du même coup. Avec le savoir intime que leurs actes sont voués à l'échec parce que le monde est ce qu'il est devenu et que rien ne le changera. Le geste de reconnaissance des agents de Tenet est enseigné au protagoniste par Neil, qui le connaît grâce au protagoniste. Pas de début ni de fin. Pas d'autre issue que de sauver le monde jusqu'à ce qu'il doive être détruit. Tout aussi sûrement qu’Andrei ne serait pas tué par une fausse pilule mortelle émise par la CIA, mais par sa femme au moment où une autre version d'elle-même ne peut que fantasmer cette liberté d'action.

Peut-être que ->NEIL est Max-(imiLIEN<-), le fils de Kat, appelé volontaire à contre sens afin de revenir dans le passé pour sauver une mère devenue folle dans le futur. Celle-ci aurait réalisé que ce qu'on nous montre dans le film est immuable et ne mènera qu'à une inévitable et absolue destruction. De la même façon, le protagoniste ne pouvant atteindre le futur assez vite pour affronter les contacts d'Andrei, initiateurs d'une catastrophe voulant en annuler une autre, il ne peut que former les gens à son époque. Des être qui, comme Neil, comprendront dès leur plus jeune âge où cela nous mène. Assez fous pour penser « quite à mourir et puisqu'il y a rien à espérer du futur, pourquoi ne pas faire un tour en arrière, en profiter avant que tout ne parte en sucette !».



Il est difficile de savoir à quel point Niel remonte le temps avant de revenir pour aider le protagoniste lors du climax. On ne voit pas son visage quand il se fait tirer dessus. On ne voit pas son visage quand, avant d'ouvrir la porte, il retourne à l'Opéra pour sauver le protagoniste. Ne supposons même pas qu’il ait donné son sac à dos à quelqu’un d’autre, car qui saurait comment et quand ouvrir la porte ? Neil sait que sa mission est suicidaire et il l'accepte avec plaisir presque naïf. Parce que tout le monde meurt, que ce soit dans le futur ou dans le passé, et tôt ou tard, semble-t-il. Alors pourquoi ne pas voir sa mère avant qu'elle ne devienne folle ? Pourquoi ne pas rencontrer et sauver ce père de substitution qu'est le protagoniste ? Avant qu'il ne soit probablement tué par un Ives motivé par son devoir, perturbé que le protagoniste n'ait pas mis fin à ses jours mais ait créé Tenet à la place dans 20, 30 ans ? Pire, avant qu'il ne soit devenu tellement parano qu'il se perde en lui-même ?


Tenet est l'aperçu d’un univers désespéré et plus sombre que nous ne sommes seulement autorisés à l'imaginer. Plus fou que celui de L'armée des 12 singes. Un monde où l’avenir ne cherche même plus à sauver le passé. Peut-être ont-il essayé d’innombrables fois, mais cela n’a jamais fonctionné. Peut-être qu'il n’y a pas d’autre alternative que d’essayer de créer un paradoxe, juste pour voir ce qui se passe. Sachant que si quelque chose change, ce n’est pas le passé qui sera détruit, mais l'avenir et nous-même avec. On pourrait penser que c’est une lueur d’espoir pour d'autres. Que si l’avenir change le passé, le monde peut être sauvé. Prendre une nouvelle direction. Mais ce ne sera pas le cas, car le changement serait provoqué par un avenir qui n’existerait jamais sans lui. Il est donc verrouillé, comme le reste. L'humanité est condamnée. Le savoir de manière irrévocable l’est. Car tout ce qui provoque le futur en vient. Comme dans Terminator, un paradoxe. On pourrait même penser que ces scientifiques n’existent et utilisent la technologie pour manipuler l’entropie que parce qu’ils font partie d’une vieille faction de Tenet, rendue folle. Ce serait aussi une chose amusante à voir.



Une tragédie aussi profonde ne se présente pas tous les jours. Elle correspond à notre époque, car depuis plus de 30 ans, nous entendons dire que si nous ne faisons rien, il sera très bientôt trop tard. Que nous vivons principalement avec des ressources anciennes car nous utilisons désormais en 5 mois ce qu'il nous faut un an à produire. Parce que si une personne tente de redresser la situation, elle est mise à terre par dix. Car moins il y a de ressources, plus ils est impératif d'être ceux qui l'utilisent au lieu de le laisser fructifier. 

Et nous ne voulons tout simplement pas l’accepter. 

Et nous ne voulons pas croire aux miracles, nous savons où cela nous mène.

Certainement pas en arrière, car c’est là que réside notre meilleure chance d’avoir un avenir meilleur et durable.





TENET (2020) - une production Syncopy / Warner Bros

Réalisateur/scénariste :: Christopher Nolan

Distribution :: John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki, Kenneth Branagh, Dimple Kapadia, Yuri Kolokolnikov, Himesh Patel, Michael Caine, amongst other equally talented actors.
Musique :: Ludwig Göransson

Prises de vue :: Hoyte Van Hoytema

Montage :: Jennifer Lame

Production design :: Nathan Crowley

Casting :: John Papsidera


Le reste est sur IMDB et dans le générique de fin


lundi 13 novembre 2017

Akira 35th Anniversary Box Set Unboxing

Déjà 35 ans que le chef d'oeuvre absolu de Katsuhiro Otomo est né, et à peine moins de temps qu'il a bousculé nos vies.
Pour ma part, c'est le premier manga adulte que j'ai lu -ou en tous cas, que j'ai considéré comme tel-, suite au traumatisme du visionnage de l'anime.
Je ne vais pas vous faire l'affront de rédiger ici une présentation de l'oeuvre, tout le monde la connait (et ceux qui ne la connaissent pas, honte sur vous, arrêtez tout et allez passer l'après midi à la bibliothèque ou dans une fnac).



On l'a découvert en couleur puisque tout d'abord adaptée de l'édition américaine (édition dont les derniers fascicules n'ont jamais vu le jour au passage) pus en noir et blanc dans un sens de lecture douteux.
Enfin, en 2016, l'éditeur Glénat répondait à nos prières en prenant l'initiative d'une nouvelle édition scrupuleusement identique à celle éditée au japon à l'époque. Dust cover, belles couleur, noir et blanc somptueux, sens respecté... même le grammage du papier est identique.
Seul soucis de cette édition, les délais de parution. Là où on s'attendait à avoir un tome tous les trois mois et pouvoir finir de relire le chef d'oeuvre en à peine plus d'un an, Glénat a souffert de problème d'impression (détaillés ici) qui l'on poussé à sortir le second tome 11 mois après le premier. A date, le troisième est pour le moment prévu pour Janvier 2018 (avec un tome 4 arrivant deux mois plus tard). 

C'est bien connu, les fans n'ont aucune patience.
Du coup, j'ai sauté au plafond en apprenant qu'une intégrale était prévue aux States pour à peine une centaine d'euros (ok, ça a augmenté depuis les précos), éditée par Kodansha Comics, l'éditeur original de l'oeuvre s'il en est.

J'avoue que les premiers visuels, inspirés d'une édition intégrale sortie en espagnol pour les 30 ans de la saga, m'avaient poussé à croire qu'il s'agissait d'une édition oversized, et que c'est ce point qui m'a poussé à passer précommande sans me poser de questions.




Je n'avais cependant aucune intention d'annuler la commande car au moment de la faire, nous n'avions toujours pas de perspectives claires quand à la suite de la parution chez Glénat.
Et puis comment ne pas baver en voyant la tronche du coffrets sur les premiers visuels.

Et puis le truc est sorti le 31 Octobre. 
Est il a été livré. Et je suis joie.
Je me permets donc de poster ici quelques photos de la chose.

Voici donc ce qu'on trouve, calé dans un carton Amazon (j'avoue que je n'ai pas résisté à l'envie d'ouvrir le truc, j'ai prendre des photos juste après le premier coup de cutter).



Le précieux :




Un petit descriptif du contenu qui fait pile poil la taille du coffret. Du coup, pour le ranger dedans et ne pas le perdre, faut ensuite le plier. :/


Le contenu est de toute beauté, et un patch est même fourni en bonus, si j'avais vous avez un blouson d'otake.

En comparant la présente édition et celle proposée par Glénat (encore une fois rigoureusement identique à celle proposée au japon et d'ailleurs supervisée par maitre Otomo lui-même-) on voit que l'édition américaine est légèrement différente. Premier point, et comme on peut le voir sur toutes les photos, elle est cartonnée. Plus résistante, plus facile à lire aussi.


L'édition américaine est plus épaisse aussi, non seulement à cause des couvertures, mais également parce que le grammage des pages est plus conséquent. Les pages sont plus lourdes, ce qui a pour effet d'apporte une seconde couche au confort de lecture (c'est mon ressenti en tous cas).


Afin de ne pas pourrir la mise en page et le travail des l'auteur, les onomatopées en japonais sont gardées intactes au sein des pages, contrairement à l'édition française (où des traductions sont directement appliquées sur les pages, voir le "SBRAAM" dans la première case de la capture ci-dessous).


Pour y pallier, et pour ceux qui se demandent bien quel bruit fait une explosion ou le bruit des balles dans l'eau, chaque tome comprend de plus un petit rajout lexical dans lequel ces onomatopées sont "traduites" (comprendre, en alphabet occidental). 
On sera donc content de savoir que tel signe à la page 226 "DOKAN" ou "ZUGAN", et on a même la transcription correspondante. C'est con, mais ça fait la différence pour l'intégriste visuel que je suis :3


En bonus et toujours en hardcover, le coffret est complété par une réédition du artbook AKIRA CLUB, que l'on avait trouvé découpé en deux dans l'édition initiale française (une partie avec la fin du manga dans le tome 13 colorisé, et le complément dans le tome 14).


Malheureusement, tout bien calé qu'il fût pendant le transport, mon coffret en carton n'a pas résisté aux changements de température. Un coin c'est ainsi déchiré à l'ouverture. Mais même si ça fait mal au coeur, l'ouverture du coffret est aimantée et cela ne se voit quasiment pas quand il est fermé. 


Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai acheté la série (en entier ou non), mis cette édition s'avère être la plus belle de toutes. 
Si jamais il vous prend de craquer, je pense que vous pouvez y aller les yeux fermés.

Et si vous voulez me considérer comme un pousse au crime, et bien soit.
Voici les liens amazon.com et amazon.fr

Bon appétit !

vendredi 31 juillet 2015

MANN VOLUME 1 - Jeremy Mann et son art

For the english version, please click here.


Pour tout amateur et amoureux des arts, il y a certaines opportunités qu'on ne peut laisser passer. Pour rien au monde. Comme assister à la dernière rétrospective de Moebius à la Fondation Cartier par exemple. Idem quand sort un nouveau livre rassemblant l'essence des travaux de Vania Zouravliov ou lorsque James Jean sort un de ses Process Recess. Et peu importe ce que cela coûte, puisque A/ le livre en question va se vendre si vite que ça va vous donner le tournis et que B/ Si jamais la chance revient de voir cet ouvrage à nouveau disponible à la vente, on priera les cieux pour qu'il ne coûte pas au moins dix fois son prix d'origine -mais vous pouvez êtes sûrs que ce sera le cas-.


Surtout, vous regretterez nuit et jour la possibilité d'apprécier ces incroyables œuvres à loisir, et de pouvoir en apprendre quelque chose.


Autant vous dire que lorsque j'ai appris la mise en oeuvre d'un livre reprenant les travaux du peintre Jeremy Mann, il était hors de question de contempler une quelconque hésitation.

Ce que je veux dire, c'est qu'il y a de bons artistes. Certains sont même merveilleusement talentueux. Et puis il y a ceux dont, par leur puissance, l'exquise appréciation de leur travail ne nécessite aucune connaissance artistique. Parce que leur travail vous chamboule en votre for intérieur. Le travail de Jeremy Mann est de cette étoffe. Il a la capacité de vous éblouir. En voyant ses oeuvres, on perçoit le travail, on en remarque les évidents coups de pinceau. Mais le coup de génie est que ce processus ne nuit pas au résultat final, bien au contraire : il vous place à l'exact limite entre le réel et le fantastique. Cette juste frontière entre le plaisir immédiat et la nostalgie intangible. Comme cette idée de percevoir les détails d'un souvenir avec une précision cristalline, sans pour autant réussir à capturer   à nouveau l’événement dans son ensemble. Voila ce que Jeremy Mann fait à votre âme. 

Inutile le préciser, quand quelqu'un vous présente ce type d'expérience, vous devez lui rendre hommage. 


Du haut de ses 384 pages, ce livre stupéfiant se propose de revenir sur les sept premières années de production de l'artiste, survolant quelques 10 ans de carrière, de sa première exposition groupée en 2005 (le "50/50 show" au sein de la 1300 Gallery à Cleveland dans l'Ohio) à sa récente Expo solo en juillet dernier à la Pence Gallery de Los Angeles, galerie dont il est un des artistes résidents. 

Proposant d'innombrables reproductions détaillées aux couleurs vibrantes, ce livre est un fantasme devenu réalité. Ne vivant pas aux US, je n'ai toujours pu que rêver de voir ces peintures de mes yeux, et ce livre nous en offre l'expérience la plus proche.

Après quelques mots d'introduction de John Pence et de Justin 'Coro' Kaufman, le spectacle commence.

En ce qui me concerne, je connais surtout le travail de Jeremy Mann à travers deux types d’œuvres. d'une part, ses 'Cityscapes', et de l'autre ses 'Portraits' (respectivement des portraits de ville et des portraits féminins).





Vivant surtout à Los Angeles et voyageant occasionnellement à travers le monde, Jeremy Man dessine ce qu'il voit tous les jours, et autant dire que sa vision des villes se pose en parfait décor pour tous types d'histoires. Tragédie, Romance, Film Noir, à vous de choisir. Cette première partie est donc parfaite pour débuter l'exploration. Au cours de ces 150 premières pages, Jeremy Mann nous balade au travers d'humeurs citadines humides, parfois claires, aux ambiances principalement nocturnes ou crépusculaires. Elles sont peuplées d'âmes s'agitant au loin, saturées de voitures mais sans anaérobie urbaine. Car les espaces vides que ces peintures dépeignent ou délimitent vous offrent cette précieuse respiration d'après pluie. Ce sentiment de rosée matinale sans une goûte en vue. Cette subtile vague de chaleur avant la tombée de la nuit, là où l'heure magique semble durer des heures (ce qu'elle fera ici). On peut sentir cet espace et y plonger. On s'y baigne. On ressent cette suspension, comme si nous avions tout le temps du monde. Et avec ce point de vue à hauteur humaine, de la rue ou d'une fenêtre, l'artiste nous offre l'expérience de sa vue propre. Et qui ne voudrait pas s'y repaître...







C'est la même chose pour les portraits féminins. Même si personnellement, j'ai du mal avec cette appellation vu ce qui nous est proposé sur les 142 pages suivantes. Le mot  'impressions' ne colle pas non plus. 'Instantané' encore moins, même si une double page fait la part belle à un mur de polaroids, révélant un peu de la magie qui opère entre l'artiste et ses modèles.




Une nouvelle fois, je ne suis pas un critique d'art. Je ne suis pas érudit en la matière -pas de façon classique en tous cas-, et j'en suis encore moins un professionnel. Peut-être que la définition du mot 'portraits' colle parfaitement à ce qui se passe ici. La seule chose que je sais, c'est ce que j'aime et ce que je ressens. Et ici, je sens le point de vue de Jeremy Mann. Bien sûr puisque ces portraits -ce terme qui me semble définitivement trop restrictif -  sont très explicites dans ce qu'ils veulent transmettre. Chacun connait l'expression stipulant que les yeux sont le miroir de l'âme. J'ai d'ailleurs toujours trouvé que c'était le meilleur moyen de savoir qui est la personne en face de vous -et on m'a souvent dit que j'avais justement cette manie de souvent regarder les gens de cette façon-.

Les peintures de Jeremy Mann mettent également l'emphase sur ce principe.




L'âme des modèles peints ici se trouve au même endroit leur regard. Quelle que soit leur direction (vers le sol, en eux-mêmes ou fuyant), on voit et l'on ressent face à nous un être qui se met à nu, timidement mais sans honte. Fier mais empli de doute, généralement à la croisée des chemins entre la route prise et celle dont on rêve ou qu'on a laissé passer. Les teintes, souvent bleues ou blanches et majoritairement monochromatiques, soulignent cet effet d'aperçu furtif au tréfonds de l'âme, cette respiration éphémère qui semble durer éternellement, ce moment auquel l'esprit revient toujours. Bien sûr, le fait que les modèles sont magnifiques aide. Mais elles le sont parce que leur représentation transpire de la toile. Comme une rencontre, échappée de la fin d'un concert de métal dans une maison gothique, ou retranchée à l'issue d'une soirée rock dans une baraque victorienne. La voici, coupée du nombre dans cette pièce recluse, contemplant le présent en besoin d'une pause. Ce moment le plus exquis, juste avant que la magie nous enivre...




Ainsi que je l'ai précisé plus haut, je connaissais majoritairement le travail de Jeremy Mann au travers de ses Cityscapes et de ses portraits féminins, et j'ai donc particulièrement apprécié les deux dernières parties du livre. 

Dans la troisième section, "Still life", on plonge cette fois non pas dans ce que l'artiste nous offre, mais plutôt dans son jardin secret. Bien que la majorité de cette section se compose d'études et de natures mortes -comme le titre l'indique-, quelques unes des oeuvres présentées ici dévoilent une partie de sa psyché et de ses intérêts. Je trouve particulièrement parlant le tableau "Kitten" -qui nous place face a un crâne de chat cloué sur  mur de briques- ou "The rabbit foot series", étude sur un trousseau de clé avec une patte de lapin. Mais je sais m'abstenir d'imposer mon interprétation de la chose, les initiés n'ayant pas besoin de mes maigres lumières.

Je sais en tous cas que cela me parle profondément.





Dernière partie mais non des moindres, 'Compositions' nous propose une approche alternative aux "Cityscapes". Résolument monochromes, ces oeuvres se distinguent vraiment de celles proposées précédemment en ce qu'elles ont de plus unidimensionnel. Elles se rapprochent bien plus d'ancien clichés. De majestueux colosses, du genre que l'on retrouverait dans le grenier d'un millionaire ayant récemment passé l'arme à gauche. Souvenirs saisissants d'un illustre Citizen Kane.



J'ai voulu écrire cet article avant de lire les 4 pages rédigées par Jeremy Mann a l'issue de ce gargantuesque ouvrage parce c'est d'une part une conversation que je voulais garder pour moi, mais également parce que je ne voulais pas qu'elles influencent ce que je pensais de son travail jusqu'alors. Mais ces pages sont bien ici afin que tout le monde en profite, servant de conclusion a cet extraordinaire bastion.


Voila, un modeste hommage à ce livre et à un artiste qui est un cadeau pour cette terre. J'espère que cela vous a donné envie de connaitre un peu plus son travail si ce n'est pas déjà le cas, et éventuellement d'acheter une de ses oeuvres, sinon de vous procurer cet ouvrage que je vous recommande chaudement.



MANN VOLUME 1 est en vente sur le site de l'éditeur 827INK. Comme vous l'avez deviné, il vaut largement ses 95$, même si l'on inclus les 60$ supplémentaires qu'il a faut rajouter pour que ça arrive en France (le pavé pèse tout de même 4,5 kg. Dimensions : 31.5 x 32 x 4 cm). 

Pour plus d'infos, vous pouvez aller faire un tour sur le site internet de Jeremy Mann ou visiter la page qui lui est dédiée sur le site de la John Pence Gallery, y flâner et voir quelles oeuvres y sont encore disponibles à la vente.

Pour finir, sachez que l'artiste est enfin le sujet d'un documentaire commis par le talentueux réalisateur  Loic Zimmermann.

Intelligemment titré A Solitary Mann, le film a été diffusé pour la première fois le 23 juillet dernier au Roxie Theater à San Francisco. Si comme moi, vous êtes dépités de ne pas pu avoir assister à la projection, sachez que l'il sera disponible en ligne à partir de décembre prochain.

En attendant, vous pouvez profiter de la bande annonce ci-dessous. 


A journey into the world of Oakland based painter Jeremy MANN.

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